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7-3-2008






 

 



 

JAMAL   FAYEZ

 

 

LE PETIT HOMME

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ÞÕÉ ÞÕíÑÉ ãÊÑÌãÉ Åáì ÇááÛÉ ÇáÝÑäÓíÉ  

 

(1)

          Depuis que le gros nuage était arrivé au dessus de la ville, qu'il avait voilé à ses habitants les rayons du soleil et lorsqu'il eut déversé son eau nuit et jour,  l'herbe  se mit à pousser de toute part et un bien-être s'installa dans chaque partie de la cité. Avec le temps, la pluie détruisit les maisons faites de pierre et de pisé; à leur place s'élevèrent des palais de fer et de béton. Palais somptueux dont les murs recouvrirent les arbres, palais baignés de lumières, étincelants tels des perles dans le ciel. Ils attirèrent les regards, captivèrent les coeurs, subjuguèrent les esprits.

 

(2)

          Dans un dispensaire  les gens faisaient la queue. Seuls quelques-uns étaient assis. Certains,  las d'attendre, avaient renoncé et étaient repartis alors que d'autres arrivaient encore. Parmi eux un homme, la trentaine,  s'appuyant sur une canne, gémissant de douleur. Comme les autres, il se plaça dans la file, attendant son tour. Un homme âgé, il devait bien avoir la cinquantaine, lui proposa son fauteuil. Celui-ci déclina l'offre et la refusa encore après qu'il eût insisté. A ce moment, un patient sortit du cabinet du médecin et la personne suivante, un jeune homme qui devait avoir dans les vingt ans, s'avança pour prendre son tour. Toutefois, le quinquagénaire le pria de laisser passer avant lui l'homme à la canne. Le jeune, la mine renfrognée, lui rétorqua :

 - C'est mon tour!

   L'autre lui répondit :

 -  Je le sais bien, mais le respect dû à l'âge mon fils...

L'homme à la cane lui coupant la parole lui chuchota :

 -  Laisse le entrer.

 -  Je t'en prie, allez, va.... la jeune génération.... coeur de pierre.

 -  Monsieur!

 -   Lorsque nous avions son âge.

 -   C'était l'époque où....

 -   Dieu bénisse ce temps là !

         

          Une jeune femme arriva, la trentaine, le regard perdu. Elle portait un  enfant dans les bras et le serrait contre sa poitrine. Il avait dans les quatre ou cinq ans. Du sang coulait de sa nuque. Une infirmière les accompagnait. Elle fut introduite en urgence dans le cabinet du médecin tandis-que le jeune homme reprit sa place dans la salle d'attente. Un bonne heure après, la jeune femme sortit et se dirigea vers la cabine téléphonique du dispensaire.

 

     -   Allo, c'est moi Sounita. Ca enfant toi est mort. Je porte à  maison ou bien lui emmené cimetière ? *

Doha - janvier 1997

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* Pidgin arabe. Langage simplifié parlé par la main d'oeuvre du sous-continent indien dans les pays du golfe.

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Nouvelle tirée du recueil « La danse à presque s'en blesser » de  Jamal FAYEZ

Traduction : Xavier PAOLI

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jamalfayezstories@hotmail.com                

Revised: 21/06/08       :ÂÎÜÑ ÊÍÏíË