LE PETIT HOMME
Çáßåá
ÇáÕÛíÑ
ÞÕÉ ÞÕíÑÉ ãÊÑÌãÉ Åáì ÇááÛÉ
ÇáÝÑäÓíÉ
(1)
Depuis que le gros
nuage était arrivé au dessus de la ville, qu'il avait voilé à ses habitants
les rayons du soleil et lorsqu'il eut déversé son eau nuit et jour,
l'herbe se mit à pousser de toute part et un bien-être s'installa dans
chaque partie de la cité. Avec le temps, la pluie détruisit les maisons
faites de pierre et de pisé; à leur place s'élevèrent des palais de fer et
de béton. Palais somptueux dont les murs recouvrirent les arbres, palais
baignés de lumières, étincelants tels des perles dans le ciel. Ils
attirèrent les regards, captivèrent les coeurs, subjuguèrent les esprits.
(2)
Dans un dispensaire
les gens faisaient la queue. Seuls quelques-uns étaient assis. Certains,
las d'attendre, avaient renoncé et étaient repartis alors que d'autres
arrivaient encore. Parmi eux un homme, la trentaine, s'appuyant sur une
canne, gémissant de douleur. Comme les autres, il se plaça dans la file,
attendant son tour. Un homme âgé, il devait bien avoir la cinquantaine, lui
proposa son fauteuil. Celui-ci déclina l'offre et la refusa encore après
qu'il eût insisté. A ce moment, un patient sortit du cabinet du médecin et
la personne suivante, un jeune homme qui devait avoir dans les vingt ans,
s'avança pour prendre son tour. Toutefois, le quinquagénaire le pria de
laisser passer avant lui l'homme à la canne. Le jeune, la mine renfrognée,
lui rétorqua :
- C'est
mon tour!
L'autre lui répondit :
- Je
le sais bien, mais le respect dû à l'âge mon fils...
L'homme à la cane lui coupant
la parole lui chuchota :
-
Laisse le entrer.
- Je
t'en prie, allez, va.... la jeune génération.... coeur de pierre.
- Monsieur!
-
Lorsque nous avions son âge.
- C'était
l'époque où....
- Dieu
bénisse ce temps là !
Une jeune femme
arriva, la trentaine, le regard perdu. Elle portait un enfant dans les bras
et le serrait contre sa poitrine. Il avait dans les quatre ou cinq ans. Du
sang coulait de sa nuque. Une infirmière les accompagnait. Elle fut
introduite en urgence dans le cabinet du médecin tandis-que le jeune homme
reprit sa place dans la salle d'attente. Un bonne heure après, la jeune
femme sortit et se dirigea vers la cabine téléphonique du dispensaire.
-
Allo, c'est moi Sounita. Ca enfant toi est mort. Je porte à maison ou bien
lui emmené cimetière ? *
Doha - janvier
1997
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* Pidgin
arabe. Langage simplifié parlé par la main d'oeuvre du sous-continent indien
dans les pays du golfe.
åÐÇ æáÏ ãÇá ÃäÊ ãÇÊ
/ ÃÌíÈ ÈíÊ æáÇø íæÏøí ÇáãÞÈÑÉ ¿
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Nouvelle
tirée du recueil « La danse à presque s'en blesser » de Jamal FAYEZ
Traduction : Xavier PAOLI